Ecrivains des Frontières

Un voyage en Palestine(s)
Voici un film que je voudrais bien voir dans les jours qui viennent.
Il s’agit d’un documentaire tourné en mars 2002 par Samir Abdallah & José Reynès et relatant le voyage d’un groupe d’ecrivains membres du Parlement International des Ecrivains, au poète palestinien Mahmoud Darwish.
Extrait:
…Une guerre a lieu en Palestine. Elle n’oppose pas les armées de deux états ennemis mais une armée parmi les plus puissantes du monde à un peuple occupé…..
PROGRAMME 21/05 au 15/06.
PROGRAMME 21/05 au 15/06.
Paris : Cinéma St Michel
7, Place Saint-Michel 75005 Paris M° Saint-Michel
Tous les jours à 18 h 50
samedi 22 mai à 15 h 00 + rencontre avec les auteurs
mardi 25 mai à 18h 50 + rencontre avec Marion Dumand, journaliste à Politis de retour de Palestine
samedi 29 mai à 15 h 00 + Rencontre avec Thomas Sommer, membre de l’Observatoire de l’occupation en Iraq de retour de Bagdad
samedi 5 juin à 15 h 00 + Rencontre avec Etienne Balibar, philosophe
Paris : Cinéma L’Entrepôt
7/9, rue Francis de Pressensé 75014 M° Pernetty
Tous les mercredi à 20 h 00 à partir du 26 mai
Mercredi 26 mai à 20h 00 + Rencontre avec Hamé du groupe La Rumeur
Dites à nos troupes qu’un festin les attend
A Baghdad, Gaza, Tripoli ou Téhéran
Dites à la presse de titrer plus grand
Que l’avancée des chars se transfigure en art! ”
Stratèges de fer, futur de pierre,
Cliquetis des orfèvres, uranium aux lèvres,
Mécaniques des conquètes, grandes vannes ouvertes,
Huis-clos d’acide pour les prochains génocides .
Au comptoir du baril d’or noir
On graisse les abattoirs
Et derrière chaque dune, des promesses brunes
De fosses communes
Une corde chacune avant la pendaison de la lune
Les potences ont souri, les cours boursiers aussi
A l’envol premier des éperviers
S’est avancé le printemps des bombardiers…”
Hamé ( La Rumeur), 2002
Mercredi 2 juin à 20h 00 + Rencontre avec Denis Sieffert et Christophe Kantcheff, de la revue Politis
Mercredi 9 juin à 20h 00 + Rencontre avec Monique Chemillier-Gendreau, professeur de droit international
” La question palestinienne et la guerre de plus en plus violente menée par Israël pour empêcher les Palestiniens de réaliser leur projet national, mêle sans fin la question du territoire et celle du peuple. Tout peuple qui porte en lui le sens de son unité et la volonté de la réaliser politiquement a là un droit fondamental. C’est la diversité politique des peuples qui fait la richesse de la communauté mondiale. Naturellement, les peuples n’existent que par rapport à un support territorial. Il n’y a aucune règle absolue et figée qui départage les terres entre les peuples. Ce partage se fait dans la contingence de l’histoire et le respect des nécessités de la vie et des droits de chacun. Et aujourd’hui, les frontières sont nécessairement davantage des lignes d’échanges et de coopération que de division et d’exclusion. Toute situation qui renforce la division et l’exclusion est un contre-sens historique. En entravant sans relâche la paix avec les Palestiniens, Israël témoigne d’ambitions territoriales démesurées et absurdes et d’un aveuglement sans avenir.” Monique Chemillier-Gendreau
Paris : Cinéma Images d’Ailleurs
21, rue la Clef, 75005 Paris M° Censier
Tous les dimanche à 16 h 00 à partir du 6 juin
Dimanche 6 juin à 16h00 + Rencontre avec Mouloud Aounit, du MRAP
SaintDenis : Cinéma L’Ecran
M° Saint-Denis Basilique
Samedi 5 juin à 20 h 00 + Rencontre avec Miguel Benassayag, philosophe
Université de Lille
Café culture USTL Lille I, Villeneuve d’Ascq
Samedi 22 mai à 18h
En présence des réalisateurs
Hem (59): Salle Mail Dunant
Dimanche 23 mai à 16h
En présence des réalisateurs
Bordeaux : Cinéma Utopia
5 place Camille Jullian (05 56 52 00 03)
Lundi 24 mai à 20h30
En présence des réalisateurs
et du 26 mai au 08 juin https://www.cinemas-utopia.org
Toulouse : Cinéma Utopia
entre la place du capitole et le square wilson (05 34 57 49 45 )
Mardi 25 mai à 20h40
En présence de Leïla Shahid et Michèle Sibony
et du 26 mai au 08 juin https://www.cinemas-utopia.org
Libourne : Cinéma Grand
mercredi 26 mai à 20 h00+ Rencontre avec les auteurs
Rouen : Cinéma Le Melville
Jeudi 3 juin à 20h00
En présence des auteurs
- séance quotidienne du 02 au 08 juin
Douai : Cinéma L’Hippodrome
Lundi 7 juin à 20h00
En présence des auteurs
Italie
Mantova
Journées des droits de l’homme
Vendredi 28 et Samedi 29 mai
Etats-Unis
Chicago
13 et 15 juin au Gene Siskel Film Center of the Art Institute
Résumé : A l’appel du poète palestinien Mahmoud Darwish, membre fondateur du Parlement international des écrivains assiégé à Ramallah, une délégation d’écrivains est allée en Palestine pour manifester aux côtés des Palestiniens une “belle collaboration linguistique” dans ces “hauts lieux de la spiritualité” (Ramallah en arabe) où le programme israélien d’humiliation est aussi une “guerre verbicide” : “Nous voulons écouter et faire entendre d’autres voix dans le fracas de la guerre, celle des écrivains, des artistes, des universitaires, de tous ceux qui préparent l’avenir… Opposer à la logique de la guerre, non pas une force d’interposition mais des forces d’interprétation “, dit l’écrivain français Christian Salmon, membre de la délégation internationale avec l’Américain Russell Banks, le Nigérian Wole Soyinka , le Portugais José Saramago, le Chinois Bei Dao, le Sud-africain Breyten Breytenbach, l’Espagnol Juan Goytisolo, l’Italien Vincenzo Consolo, accompagnés de Leila Shahid et Elias Sanbar… Le carnet de voyage de cette délégation d’écrivains de huit pays a été filmé et réalisé par Samir Abdallah et José Reynès.
Une coproduction L’Yeux Ouverts & Les Films du Cyclope avec C9 Télévision et CRRAV – 2004
appel à souscription
pour la sortie en salles de cinéma du film qui a été réalisé avec des moyens indépendants vis-à-vis des chaînes de télévision et du marché de la production. Nous avons choisi ce mode de diffusion du film écrivains des frontières , car nous pensons que son exposition en salle, c’est-à-dire sur la place publique, sera la meilleure garantie de sa réussite. Il a toute sa place dans les salles indépendantes qui sont des lieux dans lesquels se rencontrer et débattre.
pour la fabrication d’un DVD en 7 langues (Français, Arabe, Anglais, Italien, Espagnol, Potugais, Allemand), ce qui permettra de faire connaître le film dans le monde entier, à travers des projections privées ou publiques de qualité, que chacun peut organiser dans ses propres réseaux personnels ou collectifs. Les personnes ayant souscrites dès maintenant à cet appel à souscription pour un montant de 35 euros (et plus si possible) recevront un DVD du film et le livre “Le voyage en Palestine”, recueil de textes des membres de la délégation, par voie postale au mois de septembre 2004, au plus tard.
L’Yeux Ouverts P.B.624 – 92006 Nanterre Cedex – frontieres@hotmail.com bin/compose?mailto=1&msg=MSG1083444651.10&start=12168371&len=11325&src=&type=x&to=frontieres%40hotmail%2ecom&cc=&bcc=&subject=&body=&curmbox=F000000001&a=dc1c80b792d49”>http://by10fd.bay10.hotmail.msn.com/cgi-bin/compose?mailto=1&msg=MSG1083444651.10&start=12168371&len=11325&src=&type=x&to=frontieres%40hotmail%2ecom&cc=&bcc=&subject=&body=&curmbox=F000000001&a=dc1c80b792d49
www.ecrivainsdesfrontieres.org
DR Écrivains des frontières, de Samir Abdallah et José Reynès. “Il a fallu contacter nous-même les exploitants et assurer notre propre promotion.” DR Les Sucriers de Colleville, d’Ariane Doublet, est diffusé en vidéo pour éviter de doubler le coût de production.
Les Sucriers de Colleville,
d’Ariane Doublet.
Pas assez de volume (notes sur l’OMC),
de Vincent Glenn.
Ecrivains des frontières,
de Samir Abdallah
et José Reynès.
Rencontre avec Ariane Doublet, réalisatrice des Sucriers de Colleville.
www.ecrivainsdesfrontieres.org
Co-errances, coopérative de diffusion et de distribution.
La distribution alternative
Les ONG du ciné Hors normes, inclassables, nombre de films sont… invisibles. Mais la résistance s’organise.
Sur l’écran de l’Espace Saint-Michel, un cinéma du Quartier latin, les terrains vagues de Gaza déploient leurs étendues dévastées. Un homme pleure en regardant ses arbres tomber, abattus par des soldats israéliens. A l’affiche depuis deux mois, Ecrivains des frontières retrace le voyage en Palestine d’une délégation de huit auteurs, venus retrouver le poète Mahmoud Darwich, prisonnier dans Ramallah assiégée. Comme tous les jours après la séance de 19 heures, les spectateurs se dirigent vers une salle de débats où les attendent Samir Abdallah et José Reynès, les réalisateurs. « Si vous avez aimé notre documentaire, je vous invite à distribuer cette affichette partout où vous irez. Pour le faire connaître et lui donner vie. »
Le bouche-à-oreille et le désir de montrer leur film, les auteurs ont tout misé là-dessus. « Devant les refus des distributeurs, on a décidé de se lancer, raconte Samir. Il a fallu contacter nous-mêmes les exploitants et assurer notre propre promotion. » Après un mois d’exploitation dans une seule salle parisienne, Ecrivains des frontières enregistrait déjà 4 000 entrées. Un succès pour une œuvre réalisée sans le soutien des chaînes de télévision et du marché. A grand renfort d’affichettes, d’appels à souscription et de projections-débats en présence de personnalités, les cinéastes bataillent maintenant pour une diffusion nationale en salles et une édition DVD.
Car, pour être vu, il ne suffit pas d’exister. Comme Ecrivains des frontières, nombreux sont les documentaires, fictions tournés en vidéo et autres objets filmiques singuliers (courts, moyens métrages ou « prototypes » cinématographiques) à se heurter au pire problème que puisse rencontrer une œuvre visuelle : l’invisibilité. Inclassables par leur durée, leur format ou leur contenu, l’accès aux salles leur est souvent barré dans les circuits de diffusion traditionnels.
Une situation d’autant plus paradoxale qu’aujourd’hui tout possesseur d’une caméra DV et d’un ordinateur de salon est un cinéaste en puissance. « Les possibilités d’autoproduction ont explosé en même temps que la démocratisation des nouvelles technologies, constate Marc Ferrieux, initiateur à Lyon du festival Cinéma Nouvelle Génération, entièrement dévolu à la production numérique. Le gros problème, c’est que le circuit de diffusion ne s’est pas adapté à cette nouvelle donne et que les exploitants rechignent à équiper leurs salles en matériel de projection adéquat. »
De fait, la pellicule 35 millimètres reste le format canon de la diffusion en salle. Une suprématie qui s’accompagne depuis quelque temps d’une augmentation du nombre de copies et d’une diminution du temps d’exposition des films. Face à cette situation, les films non formatés n’ont pas grand choix. Soit ils passent par un kinescopage (transfert de la bande vidéo sur pellicule), qui requiert parfois un budget supérieur à leur coût de production, soit ils sont diffusés tels quels dans les quelques salles équipées.
Début avril, Les Sucriers de Colleville, d’Ariane Doublet, était le premier film à sortir en vidéo, son format d’origine, avec le soutien des exploitants réunis sous la bannière du Groupement national des cinémas de recherche (GNCR). Ce documentaire sur les derniers jours d’une usine en Haute-Normandie s’est retrouvé à l’affiche d’une vingtaine de salles équipées de vidéoprojecteurs. « Un kinescopage aurait certainement amélioré la qualité sonore du film, mais son économie étant fragile, il nous a paru absurde d’y recourir, indique Ariane Doublet. D’autant plus que certains exploitants commencent à manifester une réelle volonté de soutenir le développement des sorties en vidéo. »
« Pour rentrer dans ses frais, Les Sucriers… doit enregistrer entre 15 000 et 20 000 entrées, résume Juliette Guigon, de Quark Productions, la société qui a produit et distribué le film. Avec le kinescopage, il aurait fallu doubler ce chiffre. » Mission quasi impossible pour un documentaire. Cette sortie pionnière pose la question cruciale de l’équipement des salles et de la réglementation (cadre technique, normes de qualité, etc.) de la vidéoprojection. Car même si les réseaux Utopia ou MK2, des salles d’art et d’essai parisiennes comme La Clef ou l’Espace Saint-Michel ont déjà investi dans ces nouveaux moyens de diffusion, la plupart des salles françaises accusent un net retard.
Autre question : la diffusion des films qui échappent à la norme par leur durée. L’Agence du court métrage travaille depuis longtemps à favoriser la diffusion en salles des films de moins d’une heure. A travers des festivals, des premières parties de soirée, des programmes complets ou des séances ponctuelles. « Par nature, les courts et moyens métrages circulent en marge de la sacro-sainte sortie du mercredi, expliquent Stéphane Khan et Didier Kiner, membres de l’agence. Grâce notamment à notre Réseau alternatif de diffusion, notre rôle est de valoriser ces formats courts en inventant d’autres moyens de les voir et de renouveler leur public. » Jusqu’en juillet, l’Agence du court métrage et le GNCR organisent ainsi l’opération « Une heure tout court » : à raison de deux séances par semaine, quinze salles s’engagent à monter un programme de moyens métrages. La sélection, ambitieuse, permet de découvrir le talent de cinéastes comme Emmanuel Finkiel, ou Henri-François Imbert—qui sont, depuis, passés au long métrage.
Pour les documentaires, malgré le succès récent de quelques sorties en salles, le problème de la visibilité reste réel. La télévision est censée être le premier débouché, mais, comme le note Jean-Yves de Lépinay, directeur des programmes du Forum des images, « les chaînes hertziennes sont régies par le diktat de l’Audimat, et tout un pan de la production passe à la trappe ». En organisant récemment le Salon des refusés, le Forum et l’Association des cinéastes documentaristes (Addoc) ont permis de montrer plus de 550 documentaires snobés par les chaînes. « On a l’impression que le Salon entre en résonance avec un désir partagé de montrer d’autres films autrement », témoigne Anne Galland, coréalisatrice d’On n’est pas des steaks hachés, un documentaire sur les grévistes de McDo produit par l’association La Cathode. Celle-ci développe une production de documentaires à caractère social pour la télévision et des réseaux associatifs. Son objectif ? Défendre une certaine vision du cinéma et rétablir sa dimension politique. Implantée à Bobigny depuis dix-sept ans, elle mise sur le rapport de proximité avec le public, les ventes de cassettes et les projections-débats.
Credo voisin chez Co-errances, une jeune coopérative de diffusion et de distribution qui réunit producteurs de cinéma, petits éditeurs et labels de musique indépendants. « On est partis d’un constat simple : la concentration massive et croissante des industries culturelles. » Joignant le geste à la parole, Christopher Yggdre, membre de Co-errances, déplie la carte tentaculaire des firmes et lobbies du mastodonte Lagardère. « Les circuits de grande diffusion sont hermétiques, et c’est la notion d’œuvre elle-même qui est en péril. » Avec une logique de fonctionnement proche de celle de l’économie solidaire et des partenariats avec des ONG, la coopérative cherche à « restaurer le lien entre les publics potentiels et les productions autonomes ».
Côté films, son catalogue rassemble des cinéastes comme Peter Watkins, Pierre Carles ou José Vieira. « En dehors de la diffusion dans les salles d’art et d’essai, nous soutenons aussi la circulation de films dans des lieux inattendus, des bars, des librairies, des théâtres… » Le 21 avril, la coopérative sortait son premier film, Pas assez de volume ! (Notes sur l’OMC), de Vincent Glenn. Projeté en avant-première dans divers cinémas, ce documentaire semble avoir déjà trouvé son public. Après la séance, tout le monde reste. Pour parler, s’écouter, échanger. Car, chez Co-errances, n’en déplaise aux consommateurs des multiplexes, on n’avale pas un film comme une bolée de pop-corn.
Mathilde Blottière
Télérama n° 2834 – 8 mai 2004







